L’innovation en question

Lors d’un séminaire à Montréal qui s’est déroulé la semaine dernière, séminaire un participant a démontré combien ces dernières sont hautement déstabilisantes. En effet, elles engendrent souvent de bouleversements dans la société. Le télégraphe a été condamné à disparaître avec l’invention du téléphone; Le réfrigérateur a sonné le glas du métier de laitier…
Un participant en particulier a fait une démonstration pour montrer le yin et le yang du progrès. Il s’est appuyé sur un objet du quotidien, qui est selon toute vraisemblance tout près de vous alors que vous lisez ces lignes : votre smartphone. Un appareil qui réunit un téléphone, une bibliothèque, un appareil photo digital et un ordinateur de poche. Cet appareil prend non seulement moins de place, offre de meilleures performances, ne demande pas autant d’assemblage et exige bien moins de matériaux et d’énergie que ses concurrents.. Sa sortie a été un désastre pour de nombreuses entreprises majeures : producteurs de disques, vendeurs, fabricants d’appareils photos polaroid ou de téléphones fixes. En ce qui concerne la rentabilité et le service dans ces industries, le smartphone a été un revers sans précédent. Mais en remplaçant tous ces appareils, il nous a livré un meilleur confort de vie. C’est le paradoxe de l’innovation. Les innovations procurent une révolution ainsi qu’une amélioration du niveau de vie mais mettent tout d’abord les industries existantes à des obstacles, leur font éprouver des pertes ou les forcent même à disparaître. La hausse de la richesse apparaît naturellement à moyen terme ; au début, ce sont surtout les effets nuisibles qui prédominent : des travailleurs de ces industries se voient privés de leur emploie à cause de l’innovation. Le laitier perd son travail à cause du réfrigérateur. Les librairies qui sont dépassées par la librairie en ligne. Easyjet qui déstabilise le marché de l’aviation classique avec un tout nouveau modèle. Etc etc. Ceux qui sont distancés par la bataille en matière de concurrence livrent surtout les nouveaux modèles d’entreprise. C’est ce qui explique que le progrès, malgré son profit indubitable, est au départ généralement ressenti comme un recul.

L’innovation permettent à la richesse de se développer et à notre société de progresser. Mais cela se fait en effet pas sans chocs. Derrière l’augmentation collective de la richesse s’accompagne fatalement des désastres pour des individus qui se retrouvent leur emploi à cause du progrès. Ce séminaire à Londres m’a procuré un tout autre regard sur l’actualité.

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