Mois : mars 2017

Dylan : trois bonnes raisons d’écouter Triplicate, le nouveau disque du Nobel

Après Shadows in the Night en 2015 et Fallen Angels l’année suivante, Bob Dylan poursuit son exploration du Great American Songbook sur Triplicate, qui sort ce 31 mars, un des disques les plus impressionnants de sa carrière.

1) Bob Dylan a rarement aussi bien chanté

Dégagé de ses responsabilités d’auteur et de compositeur, entouré d’un groupe qu’il connaît par cœur pour sillonner le monde avec lui à longueur d’années, Bob Dylan s’affirme en interprète hors pair de chansons qu’il connaît sur le bout des doigts depuis son enfance. Admirateur de Frank Sinatra, il ne se hisse pas à la hauteur de The Voice mais adapte son grain éraillé à des récits souvent mélancoliques, sur fond d’amour déchu et de réflexions sur le temps qui passe. Enregistré en direct avec son orchestre et une section de cuivres dans les légendaires studios Capitol, Triplicate dévoile un chanteur totalement habité.

2) Il entame une nouvelle tournée

Celle-ci passera par la France, avec deux étapes en région parisienne: le 20 avril au Zénith et le lendemain dans le cadre de la Seine Musicale, nouvelle salle de spectacles de Boulogne qu’il étrennera. Après des années de concerts en demi-teinte lors desquels il rechignait à interpréter les classiques de sa plume, Dylan a livré deux concerts époustouflants en octobre dernier dans le cadre du festival californien Desert Trip. Pour la première fois depuis bien longtemps, il y égrenait les plus belles pages de son répertoire dans des versions reconnaissables et avec une voix claire.

3) Il va enfin recevoir son prix Nobel

À la faveur de son passage à Stockholm pour des concerts les 1er et 2 avril, Bob Dylan a accepté de rencontrer les membres de l’Académie après les avoir snobés pendant plusieurs mois. Il recevra de leurs mains le diplôme et la médaille qui feront de lui le nouveau Prix Nobel de Littérature. Toujours très méfiant, Dylan a exigé qu’aucun journaliste n’assiste à la cérémonie. Il n’y livrera pas le discours requis par l’Académie pour toucher la dotation de près de 900 000 euros dûe à chaque récipiendaire. Il devra en envoyer une version enregistrée avant le 10 juin s’il veut bien toucher la somme promise.

Dans la tête des fillonistes

Comment font-ils ? Comment font-ils pour le soutenir mordicus ? Ils, ce sont les fillonistes. Malgré les affaires, malgré « les journalistes de gauche qui s’attaquent à lui » – disent-ils – malgré les abandons dans la famille politique, eux sont encore là. Des fidèles parmi les fidèles du candidat François Fillon qui, depuis le début, ne le lâchent pas. Des « résistants », comme il les a un jour surnommés. Des courageux. Des roseaux que le vent des affaires plie mais ne rompt pas. À Quimper jeudi soir, ils étaient plus de 3 400 à venir des quatre coins de la Bretagne pour écouter François Fillon. Des retraités pour la très grande majorité qui voient dans le candidat Les Républicains le seul capable de « sauver la France ».

Lire également – Congrès de la FNSEA : Macron l’équilibriste, Fillon le professeur

La scène prête à sourire : faute de place assise dans la salle du meeting, l’équipe de campagne de François Fillon invite une vingtaine de personnes à s’asseoir au milieu des journalistes. Les regards se croisent. On s’observe du coin de l’oeil, les uns pensant se faire siffler et huer d’ici peu et les autres voyant chez leurs plumitifs de voisins des menteurs. C’est Geneviève, 73 ans, qui brise la glace la première : « Vous savez pourquoi je soutiens François Fillon ? Parce que ça fait du bien d’entendre quelqu’un comme lui. Ça redonne du pep’s. C’est le seul qui a un programme cohérent. Je suis déjà convaincue, je n’aurai aucune raison de douter en sortant ».

Fillon, le meilleur candidat de la droite « depuis De Gaulle »

Ils sont comme cela les fillonistes. Ils ont la foi. Ne leur parlez pas de sondages, ils vous accuseraient de manipulation pour faire gagner Emmanuel Macron. « Ils vous plait bien, hein ? », envoie notre retraitée de Quimper d’un clin d’oeil un brin moqueur. Elle est persuadée que la série des affaires qui ont plombé la campagne de son poulain sont le fait d' »une machination » politico-médiatico-judiciaire. Les preuves du crime résident dans un livre : Bienvenue place Beauvau. Ils l’ont tous acheté et le lisent religieusement depuis sa sortie. « En plus, ce sont des journalistes du Canard Enchaîné qui l’ont écrit », renchérit tout sourire Giselle, 75 ans passés.

Après son grand oral face à la FNSEA, #Fillon tient un meeting ce soir à Quimper où déjà beaucoup de monde l’attend @LePoint#FillonQuimperpic.twitter.com/KjUq1ZRpi5

— Olivier Pérou (@OlivierPerou) 30 mars 2017

Les fillonistes n’en oublient pas de parler du projet de François Fillon, sujet sur lequel ils sont beaucoup plus prolixes. Le mari de Gisèle, Yvon, n’a d’yeux que pour son candidat de la Sarthe et de sa vision pour l’emploi. « La situation actuelle est très difficile, surtout pour les jeunes. Dans notre vie professionnelle, on a eu de la chance. À 51 ans, on a pu redémarrer un projet à notre compte. Mais pour les jeunes aujourd’hui, c’est tellement compliqué. Et ceux qui travaillent, les courageux et les méritants, il faut les récompenser. C’est ce que veut faire Fillon ! », martèle l’homme de 76 ans. Avec son épouse, ils ont gravi les monts d’Arées depuis Morlaix pour venir jusqu’ici. « On a fait une heure de route, mais ça vaut le coup. On a toujours adoré Fillon. Sous Sarkozy, je le trouvais effacé, mais c’était parce que le président devait l’écraser. Je n’ai jamais vraiment douté de son courage, de sa ténacité. C’est le meilleur candidat de la droite depuis longtemps. Depuis De Gaulle même ! », assure Yvon. Et sa femme Gisèle d’ajouter : « C’est lui le sauveur. La valeur, le respect, la famille… En ce moment, tout cela part à vau-l’eau et il n’y a que Fillon qui le défendra ».

Fillon, il n’est pas plus bling-bling qu’un autre

La « bonne surprise du soir », dixit les fillonistes, fut François Baroin. Le nouvel homme fort du système Fillon n’a pas fait dans la dentelle et a tiré à boulets rouges sur les concurrents du candidat LR, et particulièrement Emmanuel Macron. Ou plutôt « Emmanuel Hollande ou François Macron » c’est selon, comme l’ont martelé les orateurs de la soirée. Baroin le sarkozyste plait aux fillonistes. « Sarkozy, il avait quelque chose déjà, mais il était trop brutal, trop bling-bling. Baroin, lui, il est calme, il est serein. Ça fait du bien. Ça repose et c’est efficace à la fois, résume Gisèle qui enchaîne, Il ferait un excellent Premier ministre ». Les journalistes n’ont plus besoin d’interroger les sympathisants de François Fillon sur leur favori pour Matignon, ils l’ont déjà choisi.

Rien n’y fait. Avec les fillonistes, on revient forcément aux affaires. Certes ils n’abandonneront jamais leur candidat, mais ils déplorent parfois. « Je trouve quand même que Penelope a été beaucoup payé pour si peu de travail… Les sommes sont élevées. Peut-être qu’elle n’a pas travaillé en plus, là c’est grave », admet Gisèle à demi-mot avant de se ressaisir : « Enfin, elle a coûté de l’argent, mais rappelez-vous Mazarine avec Mitterrand ! Et Julie Gayet, combien coûte-t-elle ? » Yvon, lui, ne reproche pas grand chose à François Fillon. Il le comprends : « il aime les belles voitures, les belles montres, les beaux costumes. Et alors ? Sa voiture personnelle, c’est une Lotus et ça n’a pas une si grosse valeur. Je connais des gens de gauche qui ont des autos de collections. Fillon, il n’est pas plus bling-bling qu’un autre… ». Ils sont comme cela les Fillonistes, jamais ils ne doutent.

31 mars 1959. C'est sous la protection de la CIA que le dalaï-lama fuit Lhassa

Le 31 mars 1959, une colonne d’une trentaine d’individus épuisés se présente au col de Khenzimana qui marque la frontière entre le Tibet et l’Inde. Certains sont à cheval, d’autres enfourchent un yak ou encore sont à pied. C’est un mélange de soldats, de moines et de paysans, tous armés. Mais surtout, ils arborent un grand sourire, car ils ont réussi à s’échapper des griffes chinoises. Quatorze jours depuis Lhassa à crapahuter sur les cimes himalayennes couvertes de neige. Quatorze jours d’une marche épuisante, de faim et de fatigue extrême. Mais ils ont réussi. Les membres de la troupe dép…

Pascal Obispo et Christophe Barratier font renaître Jésus dans une comédie musicale

Alors que cette année la comédie musicale La La Land a crevé le grand écran et que le genre connaît une véritable résurrection en France depuis une vingtaine d’années, un nouveau spectacle se prépare: Jésus de Nazareth à Jérusalem. Christophe Barratier et Pascal Obispo se sont alliés pour réaliser cette fresque musicale dont la première se tiendra le 17 octobre 2017 au Palais des Sports. Une fresque que le duo a présentée en avant-première à l’Olympia ce mardi 28 mars et dont le livret se concentre uniquement sur les trois dernières années de la vie de Jésus.

Pascal Obispo et sa femme Julie Hantson

Pascal Obispo et sa femme Julie Hantson Crédits photo : Szwarc Henri/ABACA

Après les Dix Commandements et Adam et Eve, Pascal Obispo retrouve le christianisme sur scène. L’artiste dit avoir fait mûrir le projet pendant plusieurs années avant de pouvoir le mettre en scène (Cène) avec Christophe Barratier. «Je ne me sentais pas prêt avant, je n’osais pas. Mais au moment où l’envie de refaire un spectacle est arrivée, je me suis dit: ‘‘C’est fini les conneries on va aller directement à ce que tu connais le mieux. »». Et ce qu’il connaît le mieux, Pascal Obispo n’est pas le répertoire de Michel Polnareff. Enfant, à Bordeaux, il a surtout découvert la musique par les chants liturgiques. «J’ai peint, dessiné et récité Jésus. Ce spectacle me ramène à une période à la fois pure et innocente», explique le chanteur qui dit garder un souvenir très prégnant de ses cours de catéchisme.

«C’est une œuvre qui se passe avant l’arrivée du christianisme», tient à rappeler le réalisateur Christophe Barratier dont l’adaptation des Choristes en comédie musicale triomphe actuellement aux Folies Bergère. «Nous avons dû faire beaucoup de recherches. Un théologien nous a aidés et nous avons étudié de nombreux livres sur le sujet. On s’est concentré sur les faits. On a voulu faire ce travail avec beaucoup d’humilité», raconte encore le réalisateur.

Christophe Barratier, auteur du livret de la pièce

Christophe Barratier, auteur du livret

de la pièce
Crédits photo : Domine Jerome/ABACA

Les deux instigateurs du projet ne voulaient pas tomber dans le prosélytisme, mais montrer l’espoir que représente Jésus. «On ne parle pas du christianisme, car on s’arrête avant le vrai démarrage de cette religion. On voulait comprendre comment une des plus belles histoires jamais contée pouvait transformer des vies», explique le réalisateur.

Le sujet semble avoir profondément touché les deux hommes «C’est une histoire sérieuse, pleine d’émotion. Celle d’un homme qui combat l’injustice. Ici, le récit est plus fort que la musique. On s’est fait avoir, je pleure à chaque fois que je vois les clips», confie Pascal Obispo.

Avant d’ajouter: «Les paroles bouleversent, on ne peut rester de marbre quand Marie pleure la mort de son fils»

Mike Massy dans le rôle de Jésus

Mike Massy dans le rôle de Jésus Crédits photo : Thibault Grabherr

Un inconnu pour incarner le Christ

La partition ne sera pas exemptée des traditionnels piano et violons. Mais l’artiste a recherché quels instruments existaient au début de notre ère. Il a par exemple ajouté des ouds dans ses compositions. «On n’a pas voulu mis d’orgue par exemple. Nous ne sommes pas dans une église. Ces sanctuaires n’existaient d’ailleurs pas encore à l’époque», explique Pascal Obispo. Lui et Christophe Barratier sont allés chercher leur Jésus au Liban. Vedette au pays du cèdre et dans tout le Moyen-Orient mais inconnu en France, Mike Massy est donc l’homme aura la lourde tâche de monter sur la croix. Âgé de 34 ans, il a déjà sorti huit albums et a tourné dans plusieurs films libanais. Sa première chanson diffusée à la radio pendant son adolescence était un chant chrétien. «Pour interpréter Jésus, je me suis replongé dans les Évangiles. J’ai cherché à imiter ses postures à travers les icônes orthodoxes. Quand on m’a maquillé pour le clip, j’étais troublé, je ne me suis pas reconnu dans le miroir».

Autour de lui, on retrouvera notamment deux anciens candidats de «The Voice»: Anne Sila (dans le rôle de Marie) et Clément Verzi (en Judas). Des interprètes d’un spectacle qui espère créer l’événement lors de la rentrée prochaine. En tout cas, Christophe Barratier et Pascal Obispo y croient.

Le spectacle démarrera au Palais des Sports de Paris le 17 octobre 2017 avant une tournée en France et en Belgique: Nantes (le 27 janvier 2018), Marseille (le 3 février 2018), Toulouse (le 10 février 2018), Amneville (le 17 février 2018), Dijon (le 10 mars 2018), Montpellier (le 17 mars 2018), Lyon (le 24 mars 2018), Lille (le 7 avril 2018), Strasbourg (le 14 avril 2018) et Bruxelles (le 21 avril 2018).

Concours de pets, viol et homophobie: bienvenue à Gangsterdam

«Si vous aimez les blagues de prout et La Beuze, vous allez adorer Gangsterdam» titre le magazine Les Inrocks. Ça promet. Le nouveau film avec Kev Adams, dont le nom vole la vedette à son réalisateur, Romain Levy (remarqué avec le très prometteur Radiostars), se révèle être une déception. Pis, un sommet de mauvais goût pour l’ensemble de la critique.

Le comédien de 25 ans campe Ruben, un étudiant en droit looser qui tombe amoureux de Nora, la bombe de la fac. Manque de bol: elle est trafiquante de drogue. Pour la séduire, il va l’accompagner à Amsterdam où elle a pour mission de ramener un tout nouveau type de stupéfiant. Malheureusement pour lui, «Durex», son meilleur pote, fan de blagues racistes et misogynes, s’incruste. Le trio va évidemment avoir quelques soucis avec la pègre amstellodamienne et les galères commencent.

Vannes lourdes pour pré-ados

Pour Télérama, ce scénario loufoque débouche sur un «film d’action potache sur fond de gros pétards et de gags en dessous de la ceinture», qui n’est «à réserver qu’aux pré-ados peu exigeants». Samuel Douhaire compare ce film aux Nouvelles aventures d’Aladin, «l’un des pires navets des dernières années». Et qui pourtant connut un joli succès commercial. Même son de cloche au Monde. Il s’agit d’une comédie qui ne repose que sur un humour épais et des stéréotypes lourdauds: «L’argument, qui fait le lit de tout un pan de la comédie française contemporaine, n’en revient pas moins à cautionner l’inconscient passablement rance sur lequel cet humour prospère aujourd’hui». ÀvoirÀlire poursuit, en critiquant cette manière de «railler les communautés avec une outrance qui flanque la nausée. Homos, juifs et blondes, tous y passent»

L’Obs définit Gangsterdam comme «greffe ratée entre La Folle Journée de Ferris Bueller et les comédies d’action type L’Arme fatale, dont les blagues récurrentes sur la fellation entre hommes trahissent la beauferie». L’humour du film, largement en dessous de la ceinture, a en effet sidéré les critiques françaises. Samuel Douhaire le note à dépit: «L’acmé dramatique de cette farce policière potache repose sur… l’émission d’un pet. Sonore? Puant? Quel suspense!»

Étienne Sorin, chef du service cinéma du Figaro, n’en est pas moins consterné. «À peine arrivés à Amsterdam, Kev et ses amis se battent avec des prostituées parquées dans une vitrine. Grand moment de rigolade. Les jeux de mots volent aussi très haut. “Toi aussi tu l’as le paquet”, dit une jeune femme en posant sa main sur les testicules de l’un des héros. C’est tout de même plus gentil que la scène de torture qui montre un gros bras se faire brûler les bijoux de famille. Si on ne peut plus s’amuser… La fellation reste l’obsession des jeunes mâles en chaleur. Elle se teinte d’homophobie quand Kev et ses acolytes forcent le vilain à se faire faire une fellation par son garde du corps tout en le filmant. La honte éternelle mais pour qui? Pour Romain Levy et ses acteurs, sans doute», conclut-il.

Apologie du viol

20 minutes, que le film a beaucoup dérangé, au point d’en faire la une de leur édition de ce jeudi 30 mars, déplorant que «sous couvert d’humour ado, le film multiplie les gags homophobes, racistes sexistes et fait l’apologie du viol». Ce qui est inacceptable note le quotidien gratuit pour une audience tout public. L’article s’insurge contre une réplique du film précisément. Lorsque Durex s’adresse à Ruben et lui lance: «On s’est mal compris, je te parlais d’un viol cool, pas du viol triste où ça chiale, ça crie, ça porte plainte!» Tout est donc «cool» pour Kev Adams et Romain Levy à l’exception peut-être de leur comédie triste à pleurer.

Guyane: après la mobilisation, tentative de dialogue avec le gouvernement

Guyane: après la mobilisation, tentative de dialogue avec le gouvernement
Guyane: après la mobilisation, tentative de dialogue avec le gouvernement©AFP/ Simon MALFATTO, Laurence SAUBADU AFP

Les négociations entre un collectif de Guyanais et les ministres Matthias Fekl et Ericka Bareigts, qui visent à sortir la Guyane de plus de dix jours de conflit social, se sont arrêtées jeudi quelques minutes à peine après avoir commencé, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les ministres de l’Intérieur Matthias Fekl et des Outre-mer Ericka Bareigts avaient entamé jeudi matin leurs discussions avec les leaders de la mobilisation en Guyane, très déterminés à obtenir les moyens de faire enfin « décoller » le territoire après le succès des manifestations des derniers jours.

Mais alors que les médias n’avaient pas été conviés aux discussions, le collectif portant les revendications a décidé, moins d’une demi-heure après le début de la rencontre, que « ça ne pouvait pas se passer comme ça pour des questions de transparence », a déclaré l’un de ses membres, le représentant du Medef local, Stéphane Lambert, à l’AFP.

Les ministres de l'Intérieur Matthias Fekl et des Outre-mer Ericka Bareigts lors de leur conférence de presse, le 29 mars 2017 à Cayenne © jody amiet AFPLes ministres de l'Intérieur Matthias Fekl et des Outre-mer Ericka Bareigts lors de leur conférence de presse, le 29 mars 2017 à Cayenne © jody amiet AFP
Les ministres de l’Intérieur Matthias Fekl et des Outre-mer Ericka Bareigts lors de leur conférence de presse, le 29 mars 2017 à Cayenne © jody amiet AFP

La vingtaine de négociateurs issus de la société civile guyanaise sont alors sortis de la préfecture, où les discussions se tenaient. Ils faisaient face à 11H30 locales (16H30 à Paris) à des centaines de manifestants venus les soutenir, qui s’affirment « dé-ter-mi-nés ».

La rencontre avait débuté dans une ambiance électrique et sous une pluie battante, avec 1H30 de retard.

Alors qu’elle devait commencer à 09H00 locales, le collectif des « 500 frères », soutenu par des centaines de manifestants, avait d’abord exigé, et obtenu, le retrait du dispositif de sécurité érigé face à la préfecture, menaçant de se retirer des discussions.

Le collectif des "500 Frères contre la délinquance" et celui portant les revendications annoncent au balcon de la préfecture de Cayenne l'interruption des négociations, le 30 mars 2017 © jody amiet AFPLe collectif des "500 Frères contre la délinquance" et celui portant les revendications annoncent au balcon de la préfecture de Cayenne l'interruption des négociations, le 30 mars 2017 © jody amiet AFP
Le collectif des « 500 Frères contre la délinquance » et celui portant les revendications annoncent au balcon de la préfecture de Cayenne l’interruption des négociations, le 30 mars 2017 © jody amiet AFP

« Le combat ne fait que commencer », avait prévenu mercredi soir Mickaël Mansé, un porte-parole des « 500 frères », mouvement très actif depuis le début du conflit il y a dix jours.

« Quel que soit le gouvernement » qui sortira des élections, « ils nous doivent les infrastructures que tous les autres départements français ont ! », a asséné M. Mansé devant des centaines de personnes réunies sur un rond-point de Cayenne, qui scandaient, dans une ambiance festive, « nou bon ké sa » – « ça suffit » en créole.

Et M. Mansé, très remonté contre Paris, de lister les besoins de la Guyane en termes de prison, de justice et de police.

Une partie de leurs requêtes a déjà été validée par l’exécutif. Mercredi, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a acté la création d’un Tribunal de grande instance et d’un centre pénitentiaire à Saint-Laurent du Maroni, la deuxième ville du territoire, ainsi que la suspension de la cession du centre médical de Kourou.

Guyane, un territoire en crise © Simon MALFATTO, Laurence SAUBADU AFPGuyane, un territoire en crise © Simon MALFATTO, Laurence SAUBADU AFP
Guyane, un territoire en crise © Simon MALFATTO, Laurence SAUBADU AFP

Le préfet Jean-François Cordet, qui pilote une mission de hauts fonctionnaires envoyée par Paris, active depuis samedi en Guyane, avait annoncé lundi le renfort de « 25 policiers, 23 gendarmes », ou « la fidélisation d’un escadron de gendarmes mobiles à Cayenne ».

Ericka Bareigts et la ministre de la Santé Marisol Touraine ont validé mercredi une aide de fonctionnement exceptionnelle de 20 millions d’euros à l’hôpital de Cayenne, en difficulté financière.

La tâche s’annonce malgré tout ardue pour les deux représentants du gouvernement, arrivés mercredi soir à Cayenne, et qui ont immédiatement affiché un esprit de « compréhension » pour « les difficultés » qu’affronte la Guyane, selon Matthias Fekl.

« Construire l’avenir »

« Nous sommes là pour écouter, pour avancer avec des solutions concrètes », a dit M. Fekl, prêt à rencontrer tous ceux qui veulent « sereinement construire l’avenir de la Guyane ».

A ses côtés, Ericka Bareigts a appelé à « maintenir la perspective » et « dresser les espérances » « au-delà des échéances électorales », en cherchant des solutions à « dix ou quinze ans ».

Selon le site du quotidien Les Échos mercredi, les ministres « seraient en mesure de poser sur la table des négociations un pacte de développement de la Guyane de 4 milliards sur un peu moins de 10 ans ». Des informations aussitôt démenties par Matignon.

Les ministres ne sont partis avec « aucune enveloppe prédéterminée. On ne travaille pas comme ça. On travaille avec les acteurs à des mesures utiles pour la Guyane, pas sur des chiffres fantaisistes et inventés », selon Matignon.

La Guyane a connu mardi « la plus grosse manifestation de son histoire », de l’aveu même de la préfecture, avec près de 15.000 marcheurs sur une population de 250.000 habitants.

Comme un plébiscite pour l’Union des travailleurs guyanais (UTG), dont les 37 syndicats membres avaient voté à la quasi-unanimité la grève générale illimitée qui a commencé lundi.

30/03/2017 18:25:36 –         Cayenne (AFP) –         © 2017 AFP

École : « La discipline positive rend les punitions inutiles »

La principale fédération de parents d’élèves, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), a publié une note alarmante sur le score catastrophique des établissements scolaires français dans le classement de l’indiscipline en classe mené dans l’OCDE. Le programme Pisa, sur lequel s’appuie cette note, classe la France avant-dernier (juste devant la Tunisie) sur les 72 pays de l’OCDE étudiés. Le Japon, à l’inverse, est premier. « Champions de l’indiscipline ! » titre jeudi Le Parisien. Le Point.fr a soumis ces chiffres à Béatrice Sabaté, représentante en France de la Discipline positive et porte-parole des travaux de sa fondatrice, Jane Nelsen.

Le Point.fr – Comment expliquez-vous que nous soyons au fond du classement, en 71e position ?

Béatrice Sabaté – Cela fait des siècles que l’on utilise dans le contexte scolaire et familial la punition comme un outil d’exercice de son autorité. Et cela fonctionne ! Mais selon Jane Nelsen et la discipline positive*, la punition va générer de la rébellion, du retrait, du ressentiment et de la revanche. Ce sont les quatre « R » de la punition. On met l’élève dans un espace qui n’est pas forcément propice aux apprentissages. D’ailleurs, le sentiment d’injustice chez les élèves les conduit à se retourner contre l’institution, à la violence.

La punition va générer de la rébellion, du retrait, du ressentiment et de la revanche

En France, on est prompt à remarquer ce qui ne fonctionne pas et à le montrer du doigt plutôt qu’à encourager un comportement attendu. On pense que c’est normal, et que valoriser un élève pour cela serait lui faire prendre le risque de le voir faire ensuite n’importe quoi. « Avoir les chevilles qui enflent », ou « avoir la tête comme un ballon », même nos expressions populaires disent que l’on a besoin de travailler le muscle de l’encouragement en France. On a besoin de partir des 85 % des choses qui fonctionnent chez nos élèves plutôt que de se centrer sur les 15 % restants. Un changement de regard est nécessaire.

La discipline positive rend les punitions inutiles

Cette étude Pisa dit que seuls 41 % des parents sont allés spontanément discuter avec un enseignant des questions de discipline, alors que la moyenne est à 50 %. Pourquoi y a-t-il un tel désintérêt des familles françaises ?

Il y a des parents qui pensent que ce qui se passe à l’école doit rester à l’école. Et puis je crois qu’il y a aussi énormément de parents qui ont peur que ça retombe sur leur enfant s’ils montent au créneau. Donc ils préfèrent ne rien faire plutôt que de prendre ce risque. Et puis il y a aussi des parents, et cela m’attriste, qui sont en ligne avec le fait que lorsqu’un enfant a un comportement inapproprié, il doit payer pour cela. Le premier stress chez les élèves du collège en zone prioritaire avec lesquels j’ai travaillé l’an passé, c’était : « Si j’ai un mot dans mon carnet, je vais me faire punir à la maison. » Il y en a qui ont double dose. Certains établissements parlent de « coéducation », c’est-à-dire qu’ils attendent que les parents fassent écho aux punitions données à l’école. Plutôt que de basculer en recherche de solutions, c’est-à-dire chercher ce qui va aider l’ado à faire autrement la prochaine fois, à ne pas reproduire un comportement inapproprié. Alors qu’il existe la discipline positive et la justice réparatrice.

Qu’est-ce que la discipline positive ?

Il s’agit d’une démarche qui s’appuie sur trois axes, la prévention, l’intervention et la réparation. Concrètement, cela consiste à poser des actions éducatives et réparatrices. Ce n’est pas tant de supprimer les punitions, c’est de les rendre inutiles par l’enseignement des compétences émotionnelles et civiques.

C’est important que l’élève se sente mieux avant de faire mieux

C’est remettre le socle de notre système éducatif en cause ?

La punition est en effet une notion culturelle assez ancrée chez nous, qui fait que l’on doit payer pour ce que l’on a fait. Le mot punition vient du latin « punitio », peine. Alors qu’en discipline positive, c’est un changement de paradigme. On va dire que c’est important que l’élève se sente mieux avant de faire mieux. Les incidents qui arrivent en classe sont des opportunités d’apprentissage. Par les études en neurosciences, on sait aujourd’hui que les fonctions cérébrales se développent mieux dans un environnement non-répressif. La punition, ça marche, mais ça n’enseigne rien. Or que peut-on faire à la place lorsqu’on a toujours appris à punir pour maintenir son autorité ? Alors nous, nous gardons les mêmes objectifs, mais la façon d’accompagner l’élève va être encourageante.

Il faut sortir de la grille tarifaire  « mâcher un chewing-gum, une heure de colle »

Mais la punition est-elle si mauvaise ?

Parce que l’on punit à chaud ! La croyance veut que si je ne ne pose pas un acte tout de suite, je vais perdre le reste de ma classe et ne pas montrer l’exemple. Or, être à chaud, c’est être hors de soi. Le psychiatre américain Daniel Siegel a démontré ce qui se passe dans le cerveau lorsque l’on perd son calme : il y a une déconnexion entre les émotions et la capacité à les gérer. Du coup, je ne suis pas en mesure de réfléchir de façon rationnelle, c’est physiologique et c’est valable pour tout le monde. Quand je suis hors de moi, et que j’ai peur de perdre le groupe, je punis. La punition, il est rare qu’on la donne à froid. Alors qu’il faut prendre le temps de reconnecter pour, à ce moment-là, poser des actions éducatrices et réparatrices.

Et puis il faut sortir de la grille tarifaire « mâcher un chewing-gum, une heure de colle, un retard, un manquement, etc. », parce que sinon on ne peut pas utiliser l’incident dans son contexte pour en faire une opportunité. Et ça change le regard que l’on porte sur l’erreur. Parce que ce que l’on en tire, ce sont des fins à l’action. La culpabilité, le remord, la honte. Difficile alors de faire de cette erreur une opportunité de progression. Il faut en France commencer par réévaluer notre rapport à l’erreur. Cela va de pair avec cette discipline à l’école qui a besoin de basculer dans l’éducatif et de ne pas rester dans le punitif. C’est comme ça qu’on donnera des ailes à nos élèves.

On peut avoir des contextes répressifs dans lesquels l’élève a un accès plus difficile au savoir

Le programme Pisa relève que la France est un élève effroyable en matière de discipline et que les résultats scolaires plongent. Mais le Kazakhstan, droit sur son banc en matière de comportement, rafle le bonnet d’âne en acquisition de connaissances. Comment expliquez-vous ces écarts entre discipline et excellence ?

Ce qui pourrait expliquer cette différence de résultats, c’est que lorsque je perds mon calme, il y a une déconnexion entre mes émotions et ma capacité à les gérer. Je suis alors dans ma zone limbique et non dans le cortex préfrontal où se trouvent les fonctions qui me permettent d’apprendre. Dans un espace très discipliné – vous pouvez avoir une classe où vous n’entendez pas une mouche voler – les élèves peuvent être dans la crainte et donc être déconnectés de leurs fonctions supérieures qui leur permettent d’avoir accès au savoir. Donc on peut avoir des contextes répressifs dans lesquels l’élève a un accès plus difficile au savoir, qui est favorisé par un environnement bienveillant et encourageant.

Comment améliorer notre score ?

Je pense que la violence scolaire qui se développe dans certaines zones d’éducation va nous obliger à basculer vers un autre système. Parce qu’on sait aujourd’hui que la répression et la punition font le lit de cette violence. Je crois que c’est grâce à nos élèves que nous allons pouvoir évoluer.

École : « Les champions arrivent à concilier discipline et indiscipline »

Ingénieur civil en mathématiques appliquées, essayiste, enseignant à Centrale Paris et à Louvain, Luc de Brabandere pose le paradoxe de l’éducation.

« Il y a en France une grande créativité. Le Minitel est né chez vous, le TGV, je suis un homme d’industrie. Mais il n’y a peut-être pas cette compétence d’encadrer la créativité dans de la rigueur, la discipline, pour la transformer en innovation. Et je crois que le vrai défi de l’enseignement, c’est d’apprendre la discipline et l’indiscipline. C’est-à-dire la nécessité du cadre comme outil de créativité. Si on regarde la littérature, le théâtre, la musique, ce sont des exemples de rigueur. Un alexandrin contraint à une discipline terrible mais cela conduit des auteurs à produire des textes extraordinaires. D’ailleurs, Victor Hugo a décrit la difficulté de l’alexandrin : »Et je n’ignorais pas que la main courroucée qui délivre le mot délivre la pensée. » Cela montre que lorsque l’on se met des contraintes, de l’ordre, de la discipline, on peut pousser la créativité encore plus loin. Les champions, ce sont ceux qui arrivent à concilier discipline et indiscipline ! Enseignant moi-même, je vois bien la difficulté de délivrer deux messages qui sont dans un premier temps totalement en contradiction. C’est comme la chanson de Jacques Dutronc : « Fais pas ci fais-pas ça ». L’enseignement est un paradoxe perpétuel. La grande équation à résoudre, pour l’éducation, c’est de concilier discipline et indiscipline. Et quel dommage de ne pouvoir discipliner l’indiscipline ! »

« Pensée magique, pensée logique : petite philosophie de la créativité », de Luc de Brabandere (Le Pommier, 208 pages, 9 euros).

*« La Discipline positive pour les parents solos », de Jane Nelsen, Cheryl Erwin, Carol Delzer, adaptation de Béatrice Sabaté et Armelle Martin (éd. du Toucan, 384 pages, 20 euros).

« La Discipline positive pour les adolescents », de Jane Nelsen, adaptation de Béatrice Sabaté (éd. du Toucan, 384 pages, 20 euros).

« La Discipline positive », de Jane Nelsen, adaptation de Béatrice Sabaté (éd. du Toucan, 400 pages, 19,90 euros).

Vrai ou faux mobilier ? Une affaire qui reste à… Prouvé

Neuf ans que traîne cette affaire judiciaire. Elle empoisonne le marché de l’art, déjà sous le coup du scandale des faux meubles XVIIIe de Versailles. Mais la nomination, il y a quelques mois, de la juge d’instruction Aude Buresi (l’une des trois qui a mis en examen François Fillon) pourrait donner un coup d’accélérateur à cet épineux dossier, qui risque toutefois de plomber le marché de Jean Prouvé et, par ricochet, celui du mobilier des années 1950.

C’est une guerre entre marchands. Trois figures parisiennes de renommée mondiale – François Laffanour, Patrick Seguin et Philippe Jousse – accusent leur éminent confrère Éric Touchaleaume d’avoir mis en vente du mobilier Prouvé de fabrication contrefaite.

Éric Touchaleaume soupçonne ses trois rivaux de vouloir «l’éliminer»

Entre eux le ton monte depuis la Biennale des antiquaires de 2006, quand François Laffanour a tenté de faire retirer du stand d’Éric Touchaleaume des meubles qu’il estimait douteux. Mais le point d’orgue du litige est arrivé deux ans plus tard, avec la vente aux enchères d’une partie de la collection de Touchaleaume, le 15  avril 2008, chez Artcurial. Ce jour-là, Laffanour, Seguin et Jousse ont acquis pour 213.142 euros, deux fauteuils et une table. Le puissant galeriste américain Larry Gagosian a acheté lui aussi une table «trapèze» avec un éclairage sous son plateau pour 229.000 euros, en couverture du catalogue.

Or, une année après avoir fait cette acquisition, chacun des trois marchands concurrents a porté plainte, doutant de l’authenticité de leurs achats. De faux documents auraient été produits au catalogue. Pourtant, «avant la vente, personne n’a mis en cause ces documents, qui ont d’ailleurs été intégrés au volume IV du catalogue raisonné de Prouvé par Peter Sulzer avant la vente», affirme Nicolas Orlowski, Pdg d’Artcurial qui s’est constituée partie civile. Éric Touchaleaume crie au complot, soupçonnant ses trois rivaux de vouloir «l’éliminer». Les expertises scientifiques s’enchaînent. Mais pour l’heure, la justice n’a toujours pas tranché.

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Valérian : la Cité des mille planètes se dévoile enfin !

«Cette mission est simple et rapide», ainsi débute sur les chapeaux de roues cette deuxième bande-annonce de Valérian et Laureline, mise en ligne ce mercredi 29 mars après-midi. La vidéo dure moins de trois minutes mais elle est époustouflante. Une nouvelle fois, Luc Besson nous donne le frisson. Alors que résonne toujours la chanson Because composée par les Beatles, on peut admirer une pléiade d’images inédites révélant les mondes intergalactiques imaginés par Pierre Christin et Jean-Claude Mézières.

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Dans cette aventure hors du commun, Valérian et Laureline, incarnés à l’écran par Dane DeHaan et Cara Delevingne, sont deux agents ayant la capacité de voyager dans le temps. À bord de leur vaisseau l’Intruder, ils vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace qui pèse sur la station orbitale «Alpha» qui abrite près de 8.000 individus et tenter de sauver le monde. À leurs côtés, on retrouve également les acteurs John Goodman, Ethan Hawke, Clive Owen, Herbie Hancock et la chanteuse Rihanna.

Crédits photo : EuropaCorp.

Avec ses 197 millions d’euros de budget, cette adaptation, qui a été tournée à la Cité du cinéma de Saint-Denis (Seine Saint-Denis), demeure le film français le plus cher de tous les temps. Un projet ambitieux pour Luc Besson qui renoue avec la science-fiction, dix-neuf ans après le Cinquième Élément.

«Je suis tellement content d’être un meilleur réalisateur. J’étais jeune à l’époque. Je connais bien mieux mon métier, mes relations avec les acteurs et tout le reste. Je suis ravi d’avoir fait Valérian maintenant. J’en sais bien plus mais je ne suis pas trop vieux», explique le cinéaste, lors d’une interview accordée au Hollywood Reporter.

Luc Besson a également ajouté qu’il était «en train de finir les effets spéciaux du film» et avoir «encore beaucoup de travail» car Valérian comporte 2734 effets spéciaux, dont «400 à 500 ont été validés à ce jour». Le film de science-fiction, qui ne sera malheureusement pas présenté à Cannes, sortira en salle le 26 juillet 2017.

Hidalgo veut des tests de pollution indépendants

Le projet est très ambitieux. Mis en place par C40 Cities, réseau qui, comme son nom ne l’indique pas, compte 90 villes engagées dans la lutte contre le dérèglement climatique au niveau mondial il consiste à s’appuyer sur les travaux du groupe anglais Emissions Analytics spécialisé dans les mesures sur route pour noter chaque nouvelle voiture en fonction de son niveau d’émissions polluantes en conditions réelles. La décision a été annoncée par Anne Hidalgo, qui préside C40 Cities, en présence des maires de Londres et de Séoul.

Notes de A à H

© EMISSIONS ANALYTICS

L’initiative est louable mais soulève de nombreuses questions. La difficulté consiste à nos yeux à mesurer toutes ces voitures sur la route, donc par définition dans des conditions climatiques et de roulage variables. Dès lors, comment sera-t-il possible de comparer les émissions polluantes de voitures réalisées dans des conditions différentes et de les classer malgré tout selon 8 catégories désignées par des lettres allant de A à H ? L’autre question consiste à savoir qui financera de tels essais forcément chronophages et utilisant des instruments de mesure par nature très coûteux.

Nouvelle procédure d’homologation dès septembre 2017

© EMISSIONS ANALYTICS

Enfin, il semble étonnant de mettre en place ce protocole d’essai aujourd’hui, alors que la très criticable procédure d’homologation actuelle NEDC va être remplacée à partir de septembre 2017, par une nouvelle procédure d’homologation plus ambitieuse encore que celle visée par C40 Cities. Baptisée WLTP pour (World harmonized Light vehicle Test Procedure), celle-ci comporte notamment un nouveau cycle plus exigeant que l’actuel pour se rapprocher d’une utilisation réelle mais toujours réalisé en laboratoire justement pour être reproductible. En outre, des essais sur route seront aussi obligatoires afin de vérifier que dans ces conditions plus sévères mais non reproductibles, les émissions polluantes ne s’éloignent pas trop de celles mesurées sur banc.

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