La playlist à écouter au bureau (quand les collègues sont en vacances)

L’open space n’a jamais paru si… spacieux. Vous avez déjà trié votre bureau trois fois. Vous avez monté et baissé la clim 14 fois depuis ce matin. Même vous asseoir dans le fauteuil du boss ne vous amuse plus… Quant à Bison Futé, il vous laisse complètement de marbre. Le « traditionnel chassé-croisé » des juillettistes et des aoûtiens, vous l’avez observé à la machine à café (et il n’y avait aucun embouteillage). Les médias nient complètement l’existence de l’octobriste et du janviériste que vous êtes au fond de vous. Et surtout, surtout, vos différentes timelines ne font que vous rappeler, heure par heure, que n’importe qui au monde passe un meilleur été que vous.

Quand des canards passent un meilleur été que toi… https://t.co/0nwNzfLOr3

— ZylewR (@ZylewR) 13 Août 2015

Bref, comme nous, vous passez le mois d’août au bureau. Pas de panique, la situation a aussi ses avantages. Luxe des luxes, vous pouvez notamment accompagner vos efforts estivaux en écoutant la musique aussi fort que vous voulez, tout en laissant s’il le faut libre cours à vos passions inassumées pour la variété des années 60, les génériques de dessins animés ou le jazz fusion.

Halte-là. Avant de vous lancer dans des choix inconsidérés, jetez d’abord un œil à notre playlist spécialement pensée pour ce cas de force majeure.

Bon, on n’est pas mal, là, finalement ? Cette playlist est également disponible en intégralité sur Spotify ou Deezer afin que vous puissiez la réécouter à l’envi.

Sur Spotify :

Sur Deezer :

Bon mois d’août à tous ! (et même aux autres)

La rédaction

PHOTO. Brejnev et Honecker, le baiser torride de la Guerre froide

Cet été, « l’Obs » revient sur les photos qui ont marqué l’histoire. A la une des journaux, dans les pages de nos livres d’école, voire arborées fièrement sur nos t-shirts, elles ont fait le tour du monde. Mais connaissez-vous l’histoire secrète de ces clichés mythiques ?

Que montre la photo ?

5 octobre 1979, Berlin. C’est le trentième anniversaire de la République démocratique allemande. Une occasion importante en pleine guerre froide, saisie par le régime communiste en place pour faire défiler chars, missiles et autre arsenal militaire. En cette journée de parade, l’invité d’honneur est Leonid Brejnev, éminente figure de la Russie communiste. Ce soir-là, tous les journalistes sont parqués dans la résidence des invités d’honneur au nord de Berlin. « Nous devons alors nous farcir ces longs discours ennuyants, suivis d’échanges de médailles et de baisers fraternels à la russe », témoigne Régis Bossu, le photographe. « J’ai une très mauvaise place derrière les têtes de mes collègues mais, comme la plupart des autres photographes, je ne peux utiliser un grand angle ». Lorsque les lèvres des deux hommes fondent pour ne faire qu’un, Régis Bossu zoome sur les visages et déclenche l’un de ses appareils, en noir et blanc, puis réitère avec son autre appareil, en couleurs.

Il vient alors de créer une image qui va faire le tour du monde. Son agence de photographies, Sygma, diffuse sa photographie, qui fait en France directement la couverture de l’hebdomadaire d’actualité «  »Paris-Match » ». Dans son journal, le photographe Régis Bossu écrit :

Ce très chaud baiser ne pouvait que faire fondre une guerre froide, n’est-ce pas ?

Mais quelque part en Europe, Dimitri Vrubel, un artiste russe encore inconnu, met la main sur cette double page de « Paris-Match ». Frappé par la scène, il se jure de la reproduire un jour sur un grand mur. Dix années plus tard, son rêve se réalise. Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombe. Dans une initiative spontanée, une longue portion de mur conservé est choisie par une centaine d’artistes afin d’immortaliser leurs œuvres. Sur plus d’un kilomètre, c’est la création de la ESG : East Side Gallery. Immédiatement, le Baiser de Dimitri Vrubel, peint sur 15 mètres carrés, devient la fresque phare de cette attraction, rapidement devenue incontournable aux visiteurs du nouveau Berlin en pleine métamorphose. Tous les touristes se font photographier devant « Le Baiser – The kiss – Der Kuss – El Beso ». C’est par hasard que le photographe à l’origine de cette image découvre son œuvre reprise par le peintre Dimitri Vrubel sur la East Side Gallery.

Devant l’œuvre, il se sent « quelque peu flatté, mais sans plus ». C’est réellement en 2009 que le photographe sort de l’ombre, alors qu’un événement est organisé pour le 20e anniversaire de la chute du mur. Enfin, c’est la rencontre entre le photographe à l’origine de cette image et le peintre qui lui a donné une seconde vie. L’auteur de la photographie possède un nom et un visage, les interviews pleuvent. Les dessous de l’image sont fouillés. Dans le journal « Die Wel »t, une phrase du Général Jaruzelski, homme politique communiste polonais, complète l’image : « J’ai échangé de nombreuses embrassades avec Honecker, il avait une manière dégoûtante d’embrasser ». Cette photo est également mise à côté des autres baisers célèbres, tel celui de l’Hôtel de Ville de Robert Doisneau.

Partie plus méconnue de cette image : son influence sur la publicité. En 2011, la campagne « UNHATE » de United Colors of Benneton fait fureur. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy s’embrassant sur la bouche, comme le Pape Benoît XVI et l’Imam de l’université Al-Azhar au Caire, sont des images qui créent la polémique. Ces publicités sont directement inspirées de la photographie prise par Régis Bossu en 1979. Après cette campagne, Régis Bossu raconte en riant qu’il a rencontré un Américain, persuadé que sa photographie était un trucage tiré de ces publicités.

Qui est le photographe ?

Régis Bossu est un photographe français, né à Verdun, qui a couvert la majorité de sa vie l’actualité en Allemagne pour l’agence Sygma. Il a également couvert l’international pour l’agence Sygma, comme les funérailles de l’Ayatollah Khamenei. Il partage maintenant son temps entre la Meuse d’où il est originaire et l’Allemagne.

Louis Witter

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Grèce : l’Eurogroupe valide le troisième plan d’aide

Les ministres des Finances de la zone euro sont parvenus à un accord ce vendredi soir sur un troisième plan d’aide à la Grèce, d’un montant pouvant aller jusqu’à 86 milliards d’euros, ont annoncé la Commission européenne et l’Eurogroupe.

«De nouveaux prêts pouvant aller jusqu’à 86 milliards d’euros» seront accordés à la Grèce au cours des trois prochaines années, a indiqué la Commission. La première tranche d’aide s’élèvera à 26 milliards d’euros, et sera elle-même divisée en plusieurs sous-tranches : un versement «immédiat» de 10 milliards placés sur un compte distinct servira pour la recapitalisation des banques grecques. Une autre tranche de 16 milliards d’euros commencera par un versement de 13 milliards d’euros d’ici au 20 août, suivi d’un ou plusieurs autres à l’automne, en fonction de la mise en oeuvre des réformes, précise l’Eurogroupe dans un communiqué.

La Grèce n’aura donc pas besoin de prêt relais pour honorer le 20 août un remboursement de 3,4 milliards d’euros à la Banque centrale européenne, comme cela avait été envisagé un temps, notamment par l’Allemagne qui voulait prendre plus de temps pour négocier l’accord.

A lire aussi : Grèce : l’Eurogroupe touche (enfin) au but

«Les six derniers mois ont été difficiles. Ils ont mis à l’épreuve la patience des décideurs politiques et encore plus celle de nos citoyens. Ensemble, nous avons côtoyé l’abîme», a commenté dans un communiqué le président de la Commission européenne, jean-Claude Juncker.

«Mais aujourd’hui je suis heureux d’annoncer que toutes les parties ont respecté leurs engagements» et «le message de cet Eurogroupe est clair: sur cette base, la Grèce est et restera de manière irréversible un membre de la zone euro», a-t-il poursuivi.

Cet accord, déjà validé par le Parlement grec, vient conclure plusieurs semaines de négociations. Ces dernières avaient démarré après que le gouvernement d’Alexis Tsipras avait capitulé face aux créanciers du pays, le 13 juillet, en acceptant la plupart de leurs mesures d’austérité bien que celles-ci eussent été rejetées par référendum le 5 juillet.

Dans un communiqué, le président de la République, François Hollande, a salué dans la soirée un accord qui «est aussi un aboutissement pour la Grèce qui a fait les efforts attendus». Il a souligné «la détermination du gouvernement d’Alexis Tsipras qui s’est engagé sur la voie des réformes courageuses et dans le respect de ses principes de justice».

 

Le président @fhollande se réjouit de l’accord de l’Eurogroupe qui valide le programme de soutien à la #Grècepic.twitter.com/UzfOQyhiET

— Élysée (@Elysee) August 14, 2015

Aux yeux de la présidente du FMI, Christine Lagarde, qui salue une «étape importante», la dette grecque reste quoiqu’il en soit «insoutenable» en l’état, et ne peut être résorbée par les seules «mesures que le pays prend lui-même». Le FMI plaide depuis plusieurs semaines pour un allègement de cette dette, par le biais d’un moratoire plus long sur le remboursement des intêrets par exemple. Alexis Tsipras a bon espoir que des discussions sur cette dette s’ouvrent à l’automne, mais la principale inconnue reste la disposition du gouvernement allemand à faire des concessions sur ce terrain.

Les forts en jazz au phare de Ré

Un calibre de la chanson française a encensé le jazz davantage que tous ses pairs. Il s’agit de Michel Jonasz. Le compositeur de Joueur de Blues (et autres bijoux), liste, dans la chanson Boîte de Jazz, son penchant avéré pour «Duke Ellington, Oscar Peterson, Lionel Hampton, Scott Hamilton». On écoutera Jonasz avec plaisir à Saint-Clément-des-Baleines (Charente-Maritime, île de Ré), le 18 août sur la scène du Phare. Son show au Casino de Paris, il y a quatre ans, avec deux danseurs noirs, m’avait enthousiasmé (première partie la vocaliste Elisabeth Caumont, sensationnelle). Le natif de Drancy offre un duo complice avec le pianiste Jean-Yves d’Angelo, une légende (il a accompagné Bill Deraime, Maxime Le Forestier, Charles Aznavour, Goldman, Johnny, Eddy, j’en passe). D’Angelo ne sera pas la seule figure du piano à passer sur la scène du Phare. Le pianiste Monty Alexander, né en Jamaïque, fit les beaux jours du jazz des seventies sur le label Pablo. Le surdoué est revenu au reggae. Qu’importe! Monty, la crème des gars, éblouit dans n’importe quel style. La pianiste Éliane Elias, né à São Paulo, émigra sur la côte Est des USA, brilla dans un registre jazz-rock, fusion, moderniste (le groupe Steps Ahead), avant de s’investir dans les formes sophistiquées d’Herbie Hancock, Peter Erskine, Eddy Gomez, Jack DeJohnette. Elle retrouve aujourd’hui un répertoire d’inspiration brésilienne. A côté de la diva, Marc Johnson, dernier contrebassiste du pianiste Bill Evans. Sous le phare des Baleines, Molly Johnson chantera Billie Holiday.

La pluralité des scènes (neuf en tout) alimente le charme du festival, transforme l’événement Jazz au Phare en lieu de vie. Le village menant au site ressemble à une avenue de New-York dans les années cinquante, où, tous les dix mètres, un club proposait trois pointures. Le vacancier se retrouve à table, décortiquant les moules, face à du jazz de haut niveau. En effet, le directeur artistique du festival, Jean-Michel Proust, ancien programmateur du Duc des Lombards (notamment), concocte chaque année une affiche exigeante. Ainsi pourra-t-on écouter la musique du regretté Gerry Mulligan par le quartet du trompettiste Fabien Mary et du saxophoniste Xavier Richardeau Chez Marie, au Théâtre de Verdure, au Café du Phare. Je suis fan de Fabien Mary. L’artiste se produit entre la France et les États-Unis. Développe un jazz d’inspiration hard-bop, percutant, mélodieux, brillantissime, élaboré. On croisera plusieurs cadors du piano (Pierre Christophe, Ahmet Gulbaï, etc.) au Gré du Vent, aux Baleineaux, à La Maline, au Top of the Green. Enfin, Proust a tenu à mettre en valeur l’aspect transmission du jazz. Il a prévu une scène Enfants. Le sens de la comédie, les accessoires détournés et le méli-mélo de genres musicaux du clown Donin teinteront de la couleur du jazz tous les vents de l’enfance .

Bruno Pfeiffer

Jazz au Phare, 6e édition, 14 au 19 août 2015

Chine : au moins 44 morts et 500 blessés dans une énorme explosion à Tianjin

Une impressionnante explosion a secoué la ville chinoise de Tianjin, située à quelque 150 kilomètres au sud-est de Pékin, ce mercredi. Elle a été ressentie à des kilomètres à la ronde et a tué au moins 13 personnes selon un bilan officiel à 23 h 30 (heure française), 250 autres sont blessées. BREAKING: Police say at least 7 dead in Tianjin port explosions.

Sur son site internet, le Quotidien du peuple, organe officiel, a expliqué que les personnes ont été tuées lorsqu’une cargaison d’explosifs a pris feu dans l’entrepôt où ils étaient stockés. Selon les médias locaux, il y a eu au moins 300 blessés. Le journaliste de Courrier international Zhulin Zhang ajoute qu’entre 300 et 400 blessés ont été reçus dans les hôpitaux, un chiffre confirmé par le quotidien chinois les Nouvelles de Pékin. Des centaines d’autres personnes affluent vers les hôpitaux, totalement saturés. De nombreux bâtiments ont été soufflés et les habitants ont été évacués. Selon le Quotidien du peuple, des personnes sont prises au piège dans l’incendie provoqué par une seconde explosion. Selon les médias locaux, l’incendie causé par l’explosion était sous contrôle à 23 heures heure française; deux pompiers sont portés disparus.

Tianjin: 2ème bilan officiel, 13 morts, 11 blessés graves, 248 hospitalisés pic.twitter.com/paFOiwNnmn

— Zhulin Zhang (@ZhangZhulin) 12 Août 2015

Selon l’agence officielle Chine nouvelle, la première explosion a eu lieu vers 23h30, heure locale (18h30 en France) lorsqu’un bruit assourdissant a été entendu et que des flammes ont jailli, éclairant tout le ciel et propulsant des nuages de poussière sur des dizaines de mètres dans l’air. 

Sur des photos diffusées par le réseau social chinois Weibo, des personnes erraient couvertes de sang dans les rues, d’autres portaient des enfants emmitouflés dans des couvertures, mais l’authenticité de ces images n’a pas pu être confirmée dans l’immédiat.

Selon le compte Weibo authentifié du Centre chinois des réseaux de surveillance des séismes, la magnitude de la première explosion équivalait à la détonation de trois tonnes de TNT, tandis que la seconde explosion avait une puissance de l’équivalent de la détonation de 21 tonnes de cet explosif. Tianjin, qui se situe à 140 km au sud-est de Pékin, est l’une des plus grandes villes du pays, avec près de 15 millions d’habitants.

 

Tianjin : photos dans un hôpital pic.twitter.com/JGYOq3UPm4

— Zhulin Zhang (@ZhangZhulin) 12 Août 2015

Grande explosion à #Tianjin, il s’agit d’un dépôt de produits chimiques. Ts les hôpitaux sont saturés pic.twitter.com/BjPLTd8NjU

— Zhulin Zhang (@ZhangZhulin) 12 Août 2015

Update: Hospital says it has received over 50 wounded from #Tianjin blast, new ones keep coming pic.twitter.com/WpFImxe2L6

— People’s Daily,China (@PDChina) 12 Août 2015

Shockwaves from #Tianjinblast felt kilometers away. Injured sent to hospital. http://t.co/yfckCsW6oXpic.twitter.com/CGh9mcv7SI

— China Xinhua News (@XHNews) 12 Août 2015

Reported security camera video from the #Tianjin explosion via weibo pic.twitter.com/9hsC6weuzv

— Jon Passantino (@passantino) 12 Août 2015

 

 

La monnaie chinoise dévaluée pour le troisième jour consécutif

La Chine a abaissé jeudi de plus de 1% le taux de référence du yuan face au dollar, une forte réduction pour le troisième jour consécutif, accentuant de facto la dévaluation de sa monnaie, a annoncé l’opérateur national du marché des changes. La banque centrale chinoise (PBOC) a ramené à 6,4010 yuans pour un dollar, contre 6,3306 yuans mercredi, le taux-pivot autour duquel le renminbi (autre nom du yuan) est autorisé à fluctuer, dans une fourchette quotidienne de 2% de part et d’autre. C’est le troisième jour consécutif que l’institution réduit de façon drastique ce taux de référence, déjà abaissé de presque 2% mardi matin, puis d’environ 1,6% mercredi.

C’est la plus brutale dépréciation enregistrée par la monnaie chinoise depuis plus de deux décennies et la mise en place par Pékin du système de changes actuel. Les annonces de la PBOC ont été considérées comme autant de dévaluations successives du yuan, même si la banque centrale s’en défend, assurant qu’il s’agit au contraire de rapprocher sa valeur des réalités du marché. Cette soudaine dévaluation a été largement perçue comme un puissant effort de Pékin pour revigorer son commerce extérieur et stimuler une activité en plein ralentissement, et a intensifié brusquement les inquiétudes sur la santé vacillante de l’économie chinoise.

A lire aussi Quand la Chine dévalue, le monde s’affole

Cela a fait l’effet d’un coup de tonnerre, en pleine torpeur estivale, pour les places boursières mondiales et les marchés des matières premières, qui ont trébuché de concert, angoissés de voir caler un pays moteur de l’économie mondiale. De son côté, la banque centrale avait assuré mardi qu’elle opérait simplement un «ajustement une fois pour toutes» de la façon de calculer le taux-pivot du yuan pour prendre davantage en compte les fluctuations du marché des changes. Et que les dépréciations successives depuis mardi ne seraient que la conséquence de ce nouveau mécanisme.

Le nouveau taux de référence dévoilé mercredi était en-deçà du niveau atteint par la monnaie mercredi soir à l’issue des échanges, à 6,3870 yuans. La Chine continue d’encadrer étroitement la convertibilité du yuan, mais en lui accordant un surcroît de flexibilité, la PBOC pourrait chercher à renforcer ses chances de lui faire intégrer le club fermé des grandes monnaies mondiales. Pékin ambitionne ainsi d’obtenir son inclusion dans les Droits de tirage spéciaux (DTS), l’unité de compte du Fonds monétaire international actuellement composé de quatre devises (dollar, euro, livre et yen).

Mais une dépréciation prolongée et importante du yuan pourrait être à double tranchant, en encourageant les fuites de capitaux hors de Chine, en renchérissant le coût des importations du pays et en gonflant le poids des dettes en dollars des entreprises chinoises. «Si c’est nécessaire, la banque centrale est pleinement capable de stabiliser le taux de change (du yuan) via des interventions directes sur le marché», a d’ailleurs affirmé un économiste de la PBOC, cité par la presse officielle.

 

Accusation de viols en Centrafrique : le chef de la mission de l’ONU renvoyé

Le chef de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a été renvoyé après une série d’accusations d’abus sexuels contre des enfants commis par des Casques bleus. Le diplomate sénégalais Babacar Gaye, 64 ans, «a remis sa démission à ma demande, a déclaré mercredi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à des journalistes à New York. Il m’est impossible de mettre en mots la colère, le tourment et la honte que je ressens après ces accusations récurrentes au fil des années d’exploitation sexuelle et d’abus commis par des forces onusiennes.» Et de marteler : «Je ne tolérerai aucun agissement de ceux qui remplacent la confiance par la peur […] assez, c’est assez.»

Cette annonce intervient au lendemain de l’ouverture d’une enquête sur des accusations de viol contre une fillette et de l’homicide d’un adolescent de 16 ans et de son père qui auraient été commis par des Casques bleus au cours d’une opération armée dans la capitale centrafricaine début août. Au moins cinq personnes, dont un Casque bleu, avaient été tués et des dizaines blessés pendant cette opération qui s’est déroulée les 2 et 3 août, et visait à arrêter un ancien chef de l’ex-rébellion Séléka dans l’enclave musulmane du PK5 à Bangui. La Séléka, à dominante musulmane, avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013, avant d’en être chassée l’année suivante, mais elle y a gardé des sympathisants, notamment dans le quartier du PK5.

Cette enquête fait suite à plusieurs cas similaires mettant en cause des Casques bleus marocain et burundais.

Dans une affaire séparée, la France enquête sur des allégations d’abus sexuels commis sur des enfants en Centrafrique entre décembre 2013 et juin 2014. Ces accusations visent notamment 14 soldats français qui faisaient partie de l’opération Sangaris menée par la France et n’étaient pas sous le commandement de l’ONU. Toutefois, l’ONU a aussi nommé une commission indépendante pour enquêter sur ce cas et plus précisément sur la façon dont les Nations unies ont géré l’affaire, après des critiques pointant du doigt la lenteur de sa réaction sur le dossier. Le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a indiqué que 57 allégations de fautes ont été proférées contre des Casques bleus de la Minusca, dont 11 concernant potentiellement des cas d’abus sexuels sur des enfants.

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Le limogeage de Babacar Gaye est une décision «sans précédent», a fait savoir le porte-parole, prévenant que Ban Ki-moon s’apprêtait à «livrer un message fort» aux envoyés spéciaux des 16 missions de l’ONU durant une visioconférence prévue jeudi. Ce même jour, les quinze membres du Conseil de sécurité tiendront une réunion spéciale au cours de laquelle Ban Ki-moon se prononcera notamment sur le limogeage.

Chine : au moins 13 morts et 250 blessés dans une énorme explosion à Tianjin

Une impressionnante explosion a secoué la ville chinoise de Tianjin, située à quelque 150 kilomètres au sud-est de Pékin, ce mercredi. Elle a été ressentie à des kilomètres à la ronde et a tué au moins 13 personnes selon un bilan officiel à 23 h 30 (heure française), 250 autres sont blessées. BREAKING: Police say at least 7 dead in Tianjin port explosions.

Sur son site internet, le Quotidien du peuple, organe officiel, a expliqué que les personnes ont été tuées lorsqu’une cargaison d’explosifs a pris feu dans l’entrepôt où ils étaient stockés. Selon les médias locaux, il y a eu au moins 300 blessés. Le journaliste de Courrier international Zhulin Zhang ajoute qu’entre 300 et 400 blessés ont été reçus dans les hôpitaux, un chiffre confirmé par le quotidien chinois les Nouvelles de Pékin. Des centaines d’autres personnes affluent vers les hôpitaux, totalement saturés. De nombreux bâtiments ont été soufflés et les habitants ont été évacués. Selon le Quotidien du peuple, des personnes sont prises au piège dans l’incendie provoqué par une seconde explosion. Selon les médias locaux, l’incendie causé par l’explosion était sous contrôle à 23 heures heure française; deux pompiers sont portés disparus.

Tianjin: 2ème bilan officiel, 13 morts, 11 blessés graves, 248 hospitalisés pic.twitter.com/paFOiwNnmn

— Zhulin Zhang (@ZhangZhulin) 12 Août 2015

Selon l’agence officielle Chine nouvelle, la première explosion a eu lieu vers 23h30, heure locale (18h30 en France) lorsqu’un bruit assourdissant a été entendu et que des flammes ont jailli, éclairant tout le ciel et propulsant des nuages de poussière sur des dizaines de mètres dans l’air. 

Sur des photos diffusées par le réseau social chinois Weibo, des personnes erraient couvertes de sang dans les rues, d’autres portaient des enfants emmitouflés dans des couvertures, mais l’authenticité de ces images n’a pas pu être confirmée dans l’immédiat.

Selon le compte Weibo authentifié du Centre chinois des réseaux de surveillance des séismes, la magnitude de la première explosion équivalait à la détonation de trois tonnes de TNT, tandis que la seconde explosion avait une puissance de l’équivalent de la détonation de 21 tonnes de cet explosif. Tianjin, qui se situe à 140 km au sud-est de Pékin, est l’une des plus grandes villes du pays, avec près de 15 millions d’habitants.

 

Tianjin : photos dans un hôpital pic.twitter.com/JGYOq3UPm4

— Zhulin Zhang (@ZhangZhulin) 12 Août 2015

Grande explosion à #Tianjin, il s’agit d’un dépôt de produits chimiques. Ts les hôpitaux sont saturés pic.twitter.com/BjPLTd8NjU

— Zhulin Zhang (@ZhangZhulin) 12 Août 2015

Update: Hospital says it has received over 50 wounded from #Tianjin blast, new ones keep coming pic.twitter.com/WpFImxe2L6

— People’s Daily,China (@PDChina) 12 Août 2015

Shockwaves from #Tianjinblast felt kilometers away. Injured sent to hospital. http://t.co/yfckCsW6oXpic.twitter.com/CGh9mcv7SI

— China Xinhua News (@XHNews) 12 Août 2015

Reported security camera video from the #Tianjin explosion via weibo pic.twitter.com/9hsC6weuzv

— Jon Passantino (@passantino) 12 Août 2015

 

 

Mort de la cinéaste Solveig Anspach

La réalisatrice Solveig Anspach est morte vendredi 7 août dans la Drôme. Elle avait 54 ans. La cause de son décès est une récidive du cancer dont elle souffrait depuis des années, dont elle s’était un temps remise, et qui avait refait surface.

Cette même maladie, Solveig Anspach en avait fait le sujet de sa première fiction, Haut les cœurs !. Dans le film, Karin Viard est Emma, jeune femme qui apprend quasiment en même temps sa grossesse et sa maladie. Le film, sorti en 1999, fut un succès public, d’autant qu’il consacrait définitivement son excellente interprète dans le cinéma français, et qu’il révélait une cinéaste habituée aux documentaires.

Solveig Anspach était née le 8 décembre 1960 en Islande, d’une mère islandaise et d’un père autrichien qui avait fui le nazisme. Les parents se sont rencontrés à Paris, et c’est en France que la jeune femme fera ses études, intégrant la Femis. A sa sortie de l’école de cinéma, elle consacre un docu Vestmannaeyjar aux îles Vestmann où elle est née, ou encore au conflit en Bosnie. 

Délicatesse

Suite à Haut les cœurs !, Solveig Anspach a tracé une filmographie dont la discrétion fut toute relative, et contrée par un respect réel de la critique. Ainsi de Back Soon (2007) avec Didda Jónsdóttir, qui se déroulait dans son île d’origine et de sa suite Queen of Montreuil (2013), avec Florence Loiret-Caille. Elle filme, pour France 3, les années de bagne de Louise Michel, avec Sylvie Testud dans le rôle de la révolutionnaire. A côté de ses œuvres de fiction, le documentaire était toujours là, comme une voie parallèle.

En janvier 2014, elle retrouvait Karin Viard pour Lulu femme nue, touchant portrait d’une mère au foyer mal dans ses baskets qui fait tout pour changer de vie. Le film attira 500 000 spectateurs en salles. En 2016 sortira son dernier film, l’Effet aquatique, dernier volet de la trilogie comique entamée avec Back Soon, avec Didda Jónsdóttir, Florence Loiret-Caille et Samir Guesmi.

Testud, Loiret-Caille, Viard… Solveig Anspach savait choisir ses actrices, les traitait avec délicatesse, comme des prolongements d’elle-même. A Cannes, en 1999, elle confiait d’ailleurs à Libé : «L’important, c’est la relation aux gens qu’on filme, que ce soit du documentaire ou de la fiction.»

Jean-Marie Le Pen : «En quatre ans, Marine ne s’est pas améliorée»

Jean-Marie Le Pen ne décolère pas. Dans une interview accordée au Journal du dimanche, le fondateur du Front national s’en est encore pris à l’actuelle présidente du parti d’extrême droite, sa fille Marine Le Pen, avec qui la guerre fait rage depuis maintenant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Il regrette notamment d’avoir voté pour elle lorsqu’elle a accédé à la présidence du FN, en 2011. «Ce choix s’est exercé il y a quatre ans entre deux candidats de valeur [Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, ndlr]. J’ai choisi Marine Le Pen au bénéfice de l’âge et de la santé. En quatre ans, il faut bien dire la vérité, elle ne s’est pas améliorée.»

Menacé d’exclusion par le bureau exécutif du FN, qui l’a convoqué le 20 août, Jean-Marie Le Pen a décidé de lutter jusqu’au bout. Et donc de répondre à cette convocation. «Je ne vais pas faire le cadeau aux membres […] désignés par Marine Le Pen de pouvoir s’exprimer sans me regarder dans les yeux», s’amuse-t-il dans le JDD. Puis, moins déridé, il s’énerve lorsqu’on lui demande son avis en cas d’exclusion. «C’est comme sous la Terreur ! C’est 1793 ! Vous connaissez à l’avance les décisions du tribunal révolutionnaire ? Il est vrai que Saint-Just [comprendre Florian Philippot, vice-président du mouvement, ndlr] siège parmi les « juges » nommés par Marine Le Pen. Je suis victime d’une injustice majeure, non seulement moi, mais aussi le Front national. Donc je me battrai jusqu’à la victoire du droit, de la justice, de la légalité.»

En revanche, Jean-Marie Le Pen le dit sans hésiter : «Sans changement, je ne voterai pas pour Marine en 2017.» Et d’expliquer son choix. «Elle affiche l’ambition d’être un jour chef de l’Etat, mais elle n’en prend pas les moyens. Ni les moyens éthiques ni les moyens politiques. Elle scie la branche sur laquelle elle est assise, avec des procédés qui révulsent même ses adversaires.»

L’ancien président du Front national continue aussi de penser que Florian Philippot, qu’il qualifie de «mauvais génie» de sa fille, est pour beaucoup dans sa situation actuelle et celle du parti. Au point de suggérer qu’il pourrait rouler pour Nicolas Sarkozy. «C’est une des hypothèses. Il ne faut pas oublier que M. Philippot était au ministère de l’Intérieur.» Selon lui, «l’évolution nouvelle de la ligne du FN dégage […] un espace à la droite dure et cela favorise en effet Sarkozy. Lui, il entre dans la brèche. On connaît ses qualités de manœuvrier.»

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